Nous avons interviewé Cristina Ramírez, directrice de Vitartis, qui analyse les défis et les opportunités du secteur agroalimentaire en Castille-et-León — une région clé pour l’industrie agroalimentaire espagnole.
Cristina Ramírez est directrice de Vitartis, une association qui regroupe plus de 150 entreprises et institutions de l’écosystème agroalimentaire en Castille-et-León.
Impliquée dans l’organisation depuis ses débuts, elle a été témoin direct de l’évolution du secteur dans cette communauté autonome, l’une des plus vastes régions de l’Union européenne. Nous avons échangé avec elle sur le rôle des nouvelles technologies, de l’innovation et du talent comme leviers de cette transformation.
Entretien avec Cristina Ramírez, directrice de Vitartis
Compte tenu de ton parcours et de ton expérience chez Vitartis, comment décrirais-tu l’évolution du secteur ces dernières années ?
L’évolution a été très positive. L’industrie agroalimentaire s’est imposée comme l’un des grands moteurs économiques de la Castille-et-León. Elle représente plus de 30 % de l’activité industrielle de la région, génère plus de 50 000 emplois et est fortement implantée en milieu rural : 45 % des entreprises se trouvent dans des communes de moins de 2 000 habitants. Cela en fait un secteur stratégique non seulement sur le plan économique, mais aussi en termes d’aménagement du territoire et de cohésion sociale.
Quels sont aujourd’hui, selon toi, les principaux défis du secteur ?
Ils sont nombreux, mais j’en soulignerais deux en particulier. Le premier est la nécessité de gagner en dimension. La majorité des entreprises du secteur sont des PME ou des microentreprises, ce qui limite leur capacité à mener à bien des projets d’envergure dans des domaines tels que la digitalisation, l’innovation, l’internationalisation ou la durabilité.
Le second est l’attraction des talents. Même si le secteur fidélise bien ses professionnels, il nous est difficile d’attirer de nouveaux profils. Chez Vitartis, nous travaillons à mieux faire connaître la réalité et les opportunités offertes par le secteur, notamment auprès des jeunes.
Quel rôle joue la technologie dans cette attraction des talents ?
Un rôle très important. Les nouvelles générations recherchent des environnements innovants, flexibles et technologiques. Et la transformation numérique ne permet pas seulement de gagner en efficacité et en durabilité : elle contribue aussi à créer des lieux de travail plus attrayants, en phase avec les attentes des nouveaux professionnels.
Où en est actuellement le secteur en matière de maturité numérique ?
Le niveau de maturité est très hétérogène : certaines entreprises sont très avancées, d’autres en sont à leurs débuts.
La prise de conscience de la nécessité de se digitaliser est assez généralisée, mais les obstacles restent importants : manque de taille critique, de capacité d’investissement, de personnel qualifié pour mener cette transformation et utiliser les technologies — et, dans certains cas, une certaine résistance au changement.
Malgré cela, les progrès sont constants, y compris chez les petites entreprises qui misent sur la technologie pour améliorer leur compétitivité.

Que permettent les alliances entre des associations comme la vôtre et des entreprises technologiques comme Mapex dans ce processus de digitalisation industrielle ?
Elles sont essentielles. Grâce à ces alliances, les entreprises du secteur peuvent accéder plus facilement à des solutions technologiques.
Il ne s’agit pas seulement d’avoir accès à des outils comme les vôtres, mais aussi de bénéficier d’un accompagnement facilitant le changement culturel, la formation et l’intégration technologique dans les processus. C’est pourquoi, chez Vitartis, nous encourageons activement ce type de collaboration.
Comment imagines-tu l’industrie agroalimentaire de la Castille-et-León dans les prochaines années ?
J’espère que nous verrons un secteur plus structuré, plus digitalisé et tourné vers l’international, avec une présence sur de nouveaux marchés. L’innovation continuera de guider la transformation, toujours en lien avec les attentes des consommateurs. Et Vitartis continuera à jouer un rôle d’appui, de connexion et de dynamisation pour que les entreprises puissent s’adapter et croître de manière durable.
Vitartis est l’Association de l’Industrie Agroalimentaire de Castille-et-León. Elle regroupe plus de 150 membres — dont des entreprises comme Galletas Gullón et Campofrío, des partenaires technologiques comme l’Université de Salamanque, ainsi que d’autres prestataires de services comme Mapex — avec pour objectif de stimuler l’innovation, la durabilité et la compétitivité du secteur agroalimentaire dans la région.
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